Le Vrac, la meilleure arme de la distribution contre le Covid.

Il y a peu de temps, un ami me disait, qu’avec le COVID c’était « la revanche du plastique ». Il s’interrogeait sur notre manière de gérer la crise sanitaire dans notre épicerie « Sur la Branche » puisque nous sommes une épicerie vrac, bio et locale.

 

Peut-être certain.es ont préféré prendre le chemin des grandes surfaces et revenir à des produits emballés pensant mieux se protéger, considérant que le vrac n’est pas hygiénique. C’est ce qu’on devine au travers des chiffres du centre de tri de Tours Métropole qui estimait à 30% le nombre de déchets refusés contre 13% habituellement. Ce qu’on comprend grâce à ces chiffres c’est que les Tourangelles et Tourangeaux ont davantage mangé chez eux et ont acheté plus de denrées sous plastique. Par méconnaissance des consignes de tri ou inattention, ils ont mis ces emballages dans la poubelle du recyclage conduisant à la hausse des déchets refusés au centre de tri de Tours Métropole.

Le confinement a déclenché un retour aux grandes surfaces avec une recrudescence des courses emballées sous plastique. Seulement les emballages plastiques à usage unique mis sur le marché ne protègent pas les consommateur·ices du virus. En effet, le plastique est un des matériaux où la viabilité du virus est la plus longue[1].

Nous pensons au contraire que les épiceries de proximité peuvent bien mieux assurer propreté et respect des règles sanitaires que les grandes enseignes où le monde et les caddies affluent et le respect des gestes barrières n’est pas toujours au rendez-vous.

 

Si dans les supermarchés on a pu noter des phénomènes de cohue engendrant des pénuries, les épiceries vrac n’ont pas eu de problème d’approvisionnement pendant le confinement car beaucoup d’entre elles font la démarche de se fournir localement. Leurs petites surfaces ont de nombreux avantages : le respect des gestes barrières plus facilement guetté par les employ·ées, un port du masque ininterrompu dans leur enceinte grâce à la vigilance du personnel, un lien privilégié entre client·es et employé·es ne laissant pas la place aux incivilités. Par ailleurs, en un coup d’œil pour la clientèle, comme pour les équipes au travail, il est très facile de vérifier que la capacité maximum d’accueil n’est pas dépassée du fait de la taille raisonnable de ces commerces de proximité. Cela est évidemment plus rassurant pour un public soucieux de la distanciation physique. Qui plus est, il n’y a pas l’occasion de se perdre dans les méandres d’un parcours fléché (et alambiqué) entre les allées qui crée parfois des situations stressantes, notamment quand on est pressé·e et accompagné·e de ses enfants.

 

Ainsi, depuis le début de la crise, notre épicerie -comme bien d‘autres- est conseillée par le Réseau Vrac, une association qui défend, informe et soutient les métiers de la vente en vrac. À son bord il y a notamment une hygiéniste qui, dès le 17 mars, nous a transmis ses recommandations afin de nous/vous protéger au mieux. Comment cela se concrétise sur le terrain lorsqu’on va faire ses emplettes en vrac aujourd’hui ?

  • Port du masque obligatoire,

  • Désinfection des mains à l’entrée,

  • Désinfection régulière des équipements de vente,

  • Nombre de personnes limité dans l’épicerie permettant la distanciation.

 

Cela a permis à un grand nombre d’épiceries engagées dans la lutte contre la réduction des déchets, la promotion d’une économie locale et la valorisation d’une alimentation bio de rester ouvertes pendant le confinement. Ces petits commerces de proximité ont redoublé de précautions et d’efforts afin de proposer une continuité de leur activité (réceptions de listes de courses, préparation de commandes, livraisons exceptionnelles[2]) à leur quartier, mais aussi leur communauté.

 

Si certains pensent que l’avenir de la distribution est dans l’installation de magasins containers automatisés[3], nous refusons ce modèle qui conduit non seulement à la destruction et précarisation des emplois chez les distributeurs et les fournisseurs mais aussi une déconnexion d’avec les modes de production et un appauvrissement des relations humaines.

 

Anne-Gwénolée TU

Gérante de l’épicerie bio « Sur la Branche » à Tours depuis 2017

L’épicerie « Sur la Branche » est la première épicerie vrac, bio, locale et indépendante de Tours

 

[1] France Info, 17 mars 2020. « Bois, métal, vêtements… Combien de temps le coronavirus survit-il sur les objets ? » ;

[2] 96% des magasins vrac ont réorganisés leurs modes de vente : service assisté, livraisons, drive, pré-commande… Source : Baromètre Réseau Vrac du 16 mars au 10 avril 2020.

[3] Le Monde, le 9 septembre 2020. « La crise sanitaire bouleverse nos façons de consommer » avec Jean-Paul Mochet président du groupe Monoprix/Franxprix, par Cécile Pruhomme.

©2018 by Épicerie Sur la Branche. Proudly created with Wix.com